22-08-2021 - Actualités

TOP DÉPART DE LA SOLITAIRE DU FIGARO, AU LARGE DES CÔTES DE LOIRE-ATLANTIQUE

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La 52e Solitaire du Figaro est lancée. Depuis 17 h 57 ce dimanche, après un rappel général, les 34 marins ont enfin mis fin à l’attente qui les rongeait. Dans un vent d’ouest d’une douzaine de nœuds et sur une mer plate, ils ont salué le public nazairien venu en nombre les encourager avant d’amorcer une descente au portant en direction de la Corogne. Le vent irrégulier attendu cette nuit devrait créer les premiers écarts.

Enfin ! Ils étaient nombreux les skippers à manifester ce matin leur envie de larguer les amarres, de quitter le paysage paisible de l’estuaire de la Loire pour en découdre et s’attaquer à cette montagne qu’est la Solitaire du Figaro, particulièrement lorsqu’elle se compose de 4 longues étapes qui cumulent près de 2 500 milles. Engagement, combativité, intensité, exigence…La course reine du Championnat de France Elite de Course au Large sera le théâtre pour le mois à venir d’une confrontation qui révèle depuis 1970 les plus grands marins. Si aucun participant cette année ne peut se targuer d’avoir accroché à son palmarès cette course légendaire, on trouve dans ce plateau inédit 5 anciens vainqueurs d’étapes. Les plus expérimentés tels qu’Alexis Loison (Région Normandie), qui cumule le plus grand nombre de participations (15) ou Xavier Macaire (Groupe SNEF) et Gildas Mahé (Breizh Cola) qui se sont déjà alignés 10 fois au départ, pourront s’appuyer sur leur expérience pendant que les nouveaux venus découvriront le difficile équilibre qu’impose la préservation physique et matérielle d’une épreuve aussi longue.

Le pain blanc…Avant les pistes rouges

En guise d’encouragement, ils auront eu les applaudissements du public nazairien venu en nombre les saluer lors de leur passage du sas sud, la grande écluse qui fait la particularité de la deuxième ville de Loire-Atlantique, également quatrième port français. Les 34 skippers ont raison d’en profiter, car si l’entame de cette première étape va se faire en douceur, les choses vont progressivement se compliquer pour l’ensemble de la flotte. « J’ai hâte d’être ce soir, au coucher de soleil, sous spi, et de rentrer dans la course aux côtés de mes camarades de jeu. Cette étape va débuter comme une piste verte au portant, puis en approche de l’Espagne, près de La Corogne, elle va passer au rouge… On aura alors mangé notre pain blanc, puisqu’après, il faut s’attendre à rejoindre une piste de bosses, le temps d’un long bord au près dans 25 nœuds. Tout ce qu’on aime ! Mais quand j’arriverai à Lorient, je serai fier de l’avoir fait et je n’aurai qu’une envie, c’est d’y retourner ! », déclarait à quelques heures du départ Damien Cloarec (Saferail), dont c’est la cinquième participation.

17h57… Bon – 2e- départ !

Signe du mors au dent qui anime l’ensemble de la flotte, le départ initialement prévu à 17 h 45 a été légèrement différé pour cause de rappel général, trop de concurrents ayant prématurément franchi la ligne. La deuxième tentative a finalement été la bonne. Dans des conditions idéales, au large de l’imposant pont de Saint-Nazaire, Gildas Mahé (Breizh Cola) s’est élancé en tête. Le plus vieux skipper de la flotte (46 ans) devançait alors le bizuth américain Jesse Fielding (Opportunity - States Street marathon sailing), preuve si l’en était besoin que skippers expérimentés et nouveaux venus ont tous l’envie et les moyens de défendre leurs chances. Quelques minutes plus tard, c’est finalement Benoit Mariette (Génération Senioriales) qui passait la bouée N°7 en tête (première marque de parcours), devant Elodie Bonafous (Bretagne – CMB Océane) et Tom Laperche (Bretagne – CMB Performance). Dans leur sillage, l’ensemble de la flotte établissait progressivement le grand spi. Au passage de la deuxième et dernière bouée du parcours côtier (Solitaire du Figaro), Tom Laperche faisait parler sa vitesse et prenait provisoirement les commandes de la course. Benoit Mariette restait deuxième devant Elodie Bonafous. Alexis Thomas (La Charente Maritime), Martin Lepape (Gardons la vue), Gildas Mahé (Breizh Cola), Pierre Quiroga (skipper Macif 2019), Damien Cloarec (Saferail), Gaston Morvan (Bretagne CMB – Espoir) et Pierre Leboucher (GUYOT Environnement – Ruban Rose). Il reste désormais un peu moins de 620 milles à l’ensemble de la flotte pour en découdre !

Ils ont dit

Gaston Morvan : « Il y a vraiment un mélange d’émotions autour de cette première Solitaire. Je suis rentré dans une phase de concentration extrême depuis ce matin. Ce sont les derniers préparatifs et l’on sent que tout le monde est assez tendu, cherche à ne rien oublier, vérifie les derniers détails sur le bateau. Cette tension se mélange à l’impatience d’être enfin sur le départ et de se lancer pour lâcher les chevaux ! Il faudra ensuite être bien vigilant à prendre les bonnes décisions sur les grandes options. Au début, il ne s’agira sans doute que de quelques petits décalages entre les bateaux, où il s’agira de se retrouver dans le bon paquet. Il ne faudra pas se louper. Les zones d’interdiction à la navigation mises en place depuis vendredi pour cause de tirs de la Marine Nationale risquent quant à elles de générer de grands écarts latéraux sur le retour vers Lorient…Cela va vraiment être une phase cruciale de la course »

Xavier Macaire : « Cette phase de tumulte avant le départ n’est pas la phase la plus agréable de la course. Le stress monte. On a toujours peur de passer à côté de quelque chose d’important en vue de cette première étape. Mais bon, ça va. Nous allons démarrer avec de bonnes conditions. Il y a du monde sur le village, mes partenaires sont là, nous avons fait du super boulot sur le bateau…Je n’ai pas de raison de me plaindre au contraire. Je suis vraiment content de partir, même si ces étapes vont être longues. Il va falloir bien gérer les phases de repos, celles où il va falloir attaquer un peu plus, rester lucide tout le temps, gérer le bateau, ne pas détruire les voiles sur la première étape, se préserver physiquement pour tenir toute la durée de la course…Il va falloir trouver le bon point d’équilibre ».

Tom Laperche : « Je suis vraiment très content d’être au départ de ma troisième Solitaire du Figaro. C’est extraordinaire de pouvoir vivre ça. Cette première étape va se courir avec du vent, dans notre descente sous spi vers l’Espagne et lors de notre remontée qui se fera au près. Il y aura de la stratégie…Tout ce qui fait le sel d’une épreuve comme la Solitaire du Figaro. Il va falloir par contre bien gérer le compromis fatigue / résultat et ne pas se griller pour des gains faibles. L’objectif sur cette première étape est avant tout de ne pas commettre d’erreur qui ferait perdre la course prématurément. Il faut rester dans le coup. C’est une course qui se fait au temps ».

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